Lutter contre les addictions en entreprise : pourquoi agir ?

Les produits tels que le tabac, l'alcool, les médicaments psychoactifs et les drogues agissent sur le cerveau et entraînent une dépendance au produit ou substance consommés. Ils augmentent la libération de dopamine dans le cerveau.
Lutte contre les addictions au travail : physiologie des addictions
L’usage répété du produit perturbe cette recherche du plaisir (tolérance et besoin accrus, augmentation des quantités consommées pour obtenir l’effet désiré, etc.).
Les produits qui augmentent la quantité de dopamine dans le cerveau déclenchent un asservissement : la personne est dans l’incapacité de diminuer ou contrôler sa consommation du produit ou de la substance, malgré la connaissance de ses effets nocifs et de ses risques sur la santé. Ils entraînent des modifications de l'état psychique et du fonctionnement cérébral, ayant des conséquences sur la perception de l’environnement et sur la concentration. L’action biochimique des addictions (alcool, drogues, etc.) modifient la conscience : les risques d’accidents de travail ou de trajet liés à la baisse de vigilance sont alors élevés.
La dépendance est un comportement psychopathologique en rupture avec le fonctionnement habituel de l’individu. Ce trouble revêt des caractéristiques biologiques, psychologiques, sociales et culturelles.
Lutte contre les addictions au travail : consommation de produits addictifs en entreprise
La consommation d’alcool en entreprise tend à se stabiliser voire à diminuer, et la consommation de drogues ou produits psychoactifs est désormais reconnue comme une réalité dans le milieu professionnel. L’alcool, notamment le vin, est considéré comme faisant partie du patrimoine et de la culture française. La consommation d'alcool est ancrée dans les rites et usages sociaux et cette habitude est valable aussi dans le milieu du travail. L’environnement professionnel est un facteur favorisant la consommation d'alcool : les « pots » et les repas d'affaires sont souvent accompagnés d'une consommation d'alcool.
Le repas d'affaires englobe les déjeuners, les apéritifs, les cocktails, etc. Les pots en entreprise (départ à la retraite, promotion, discours du PDG, présentation des objectifs annuels, signature d’un contrat, etc.) se déroulent souvent le soir : le retour au domicile pose le problème de la sécurité routière pour les salariés ayant consommé des boissons alcoolisées.
A noter également que certains cadeaux d’entreprises ou avantages en nature sous forme de bouteilles alcoolisées (champagne, grand cru, etc.) participent à assimiler l’alcool dans un contexte professionnel.
Les professions les plus pénibles physiquement (bâtiment, agriculture, manutention) et les professions en rapport avec le public, ont plus tendance à consommer de l’alcool dans un contexte professionnel. Les artisans, les commerçants et les chefs d'entreprise, ainsi que les cadres supérieurs participent davantage aux repas d'affaires (beaucoup plus rares chez les employés et les ouvriers).
(source : Alcool et travail - INPES)
Lutter contre les addictions au travail ne se résume pas aux addictions à l'alcool. Les consommations de médicaments psychotropes (barbituriques, anxiolytiques), parfois associés à des produits illicites, se développent notamment chez des cadres soumis à des responsabilités élevées. Les effets stimulants de certaines substances (psychostimulants) sont alors utilisés pour augmenter leur productivité.
L’adoption de comportements addictifs vis-à-vis de l’alcool, de médicaments ou de drogues est favorisée par l’environnement et les conditions de travail, et notamment :
- La pression et la surcharge professionnelle, l’excès de responsabilités, les impératifs de performance : les conditions de travail dans les entreprises ayant évolué, la charge mentale et le stress professionnel sont de plus en plus importants. La consommation d’addictions est perçue comme « anti-stress ».
- La possibilité de consommer de l'alcool au travail : notamment dans le cadre de repas et de pots d’entreprise.
- Les effets recherchés dans les produits ou substances motivent la consommation (désinhibition, sociabilité et intégration, stimulation intellectuelle ou au contraire étourdissement et oubli, etc.).
La consommation a parfois pour objectif de doper les capacités de travail (usage de psychostimulants)
- Les rythmes du travail (travail posté, travail de nuit, de week-end, etc.), qui favoriseraient la consommation de produits psychoactifs et d’alcool (modes de travail associés à des changements fréquents d’horaires, de collègues ou de supérieurs.)
- La pénibilité au travail (postes exposés au bruit, à la chaleur, au froid, etc.) ainsi que la répétitivité et la monotonie des tâches sont des sources d’insatisfaction au travail. La fatigue et l’ennui contribuent à la consommation de produits addictifs.- Les déplacements nombreux (commerciaux, voyages d’affaires, etc.), nuisibles aux rapports sociaux.
- La précarité de l'emploi et le risque de chômage. L’insatisfaction au travail est compensée par une conduite addictive.
- Alcool et travail (Inpes)
- Alcool. Pas de pot pour les pots (Inrs - février 2009)
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