Prévention sur le sommeil : organisation, conditions et sieste au travail

L’entreprise doit mettre en œuvre une action préventive sur le thème du sommeil et sa prise en charge afin de sensibiliser les travailleurs sur les risques liés au manque de sommeil.
L’entreprise peut contribuer à fournir une véritable éducation sur le sommeil et à informer sur les bonnes attitudes à adopter. La prévention sur le sommeil repose essentiellement sur l’information, et sur l’amélioration de l’organisation et des conditions de travail.
Prévention sur le sommeil : l’organisation du travail
En effet, certains horaires de travail sont peu compatibles avec une bonne hygiène de sommeil. Le travail posté et le travail de nuit notamment, perturbent l’alternance des cycles naturels veille – sommeil. Les horaires alternants ou décalés des travaux postés influencent la quantité et la qualité du sommeil : les travailleurs étant amenés à dormir successivement le matin, l'après midi et la nuit.
Des difficultés d’endormissements, des réveils précoces et d’autres troubles apparaissent souvent. De plus, le repos diurne est moins récupérateur qu’un sommeil nocturne.
Chez les travailleurs postés, on observe une réduction de la durée totale du sommeil : ce déficit s’accumule au fil du temps, et entraîne une dette de sommeil. Un manque chronique de repos peut avoir des conséquences graves sur la santé physique et psychique d’un salarié (somnolence, accidents, etc.). Le système veille-sommeil prépare l'organisme et le cerveau à être éveillé le jour et à dormir la nuit. Plusieurs études ont mis en évidence que l'organisme humain est plus sensible pendant la nuit aux perturbations environnementales et à certaines formes pénibles d'organisation du travail : de longues périodes de travail de nuit sont préjudiciables à la santé et à la sécurité des travailleurs. Le sommeil des salariés travaillant de nuit est souvent insuffisant, désorganisé et perturbés par l’environnement (lumière du jour, bruits, téléphone, sollicitations familiales, etc.).
Dans les cas de fréquents déplacements professionnels, notamment à l’étranger, le décalage horaire ou phénomène de “Jet Lag”, influence aussi négativement le sommeil. Les salariés peuvent alors être conseillés par l’entreprise pour mieux gérer leurs déplacements.Il est essentiel d’informer les travailleurs sur les comportements favorables à un bon sommeil et de sensibiliser tout particulièrement les postes à risques.
L’entreprise doit agir sur l’organisation du travail et peut donc :
- Recenser les postes à risques pouvant entraîner des troubles du sommeil (travail posté, de nuit, professions dans les domaines industriel, du transport, hospitalier, etc.).
- Respecter les durées maximales de travail et les temps de repos indiqués dans le code du travail
- Recourir le moins possible au travail de nuit et aux horaires changeants.
- Aménager la répartition du travail en tenant compte des rythmes chronobiologiques de l’organisme.
- Inciter à faire des pauses et envisager de promouvoir la sieste au travail (mise à disposition d’une salle, durée accordée, etc.)
- Permettre et recommander de dormir durant une nuit normale après 2 ou 3 jours de travail posté ou de nuit, afin d’obtenir un repos compensateur intercalaire d'une durée suffisante.
- Prévoir des périodes d’adaptation lors d’une prise ou d’un changement de poste (pour les travailleurs à horaires atypiques).
L'organisation du travail, notamment posté et de nuit, doit tout particulièrement répondre aux dispositions réglementaires prévues dans le Code du travail. Les entreprises ont un réel intérêt à considérer les rythmes biologiques de l'homme au travail, notamment pour les activités professionnelles potentiellement dangereuses (conduite de véhicule ou d’engins, manipulation de produits dangereux, poste nécessitant une grande vigilance, etc.). La prévention sur le sommeil est un moyen de limiter les risques d'accidents.
Prévention sur le sommeil : les conditions de travail
Les difficultés professionnelles impactant la qualité du sommeil peuvent être nombreuses :
- Pression et stress professionnels, surcharge de travail : tâches trop nombreuses, délais raccourcis, harcèlement moral, manque d’encadrement, de communication, etc.
- Environnement physique et nuisances professionnelles (bruit, chaleur, froid, longs trajets entreprise - domicile, etc.)
- Conflit relationnel ou climat social dégradé au sein de l’entreprise
- Avenir professionnel incertain et risque de licenciement.
Pour la prévention des risques liés au mauvais sommeil des salariés, l’entreprise peut :
- Repérer et agir sur les dysfonctionnements au sein de l’entreprise (sociaux, matériels, organisationnels, etc.).
- Supprimer ou réduire les nuisances physiques perturbant les rythmes circadiens ou le sommeil (bruit, température élevée ou froide, absence de lumière, etc.).
- Faire appel au médecin du travail pour observer et améliorer les conditions de travail.
- Détecter les travailleurs susceptibles de présenter des troubles du sommeil.
- Mieux répartir ou diminuer le nombre de tâches à réaliser, en concertation avec le salarié concerné (emploi du temps moins chargé, responsabilité délégués, allongement de délais, etc.).
- Mieux répartir le temps de travail en concertation avec le salarié concerné (horaires aménagés, permettant de concilier contraintes professionnelles et familiales, etc.).
- Améliorer le management de l’entreprise : prise en compte des problématiques de gestion de ressources humaines, encadrement et communication accrus.
- Favoriser un climat social satisfaisant.
Pour les postes à horaires atypiques (travail posté, de nuit, etc.), certaines conditions de travail et l’environnement physique de travail peut contribuer à diminuer la somnolence de ces travailleurs et accroitre leur vigilance :
- Augmenter l'intensité de la lumière (pour maintenir l’attention et s’adapter aux rythmes chronobiologiques) : La lumière est indispensable au maintien d'une bonne vigilance.
- Veiller à adapter la température des locaux (température confortable notamment durant la nuit).
- Favoriser une alimentation saine et équilibrée (des repas trop riches en sucres modifient la glycémie, et peuvent favoriser la somnolence et l’endormissement. L’absence de repas contribue aussi à abaisser la vigilance).
- Permettre aux travailleurs de se restaurer correctement sur place permet de conserver un rythme biologique adapté (possibilité de repas chauds pour les travailleurs de nuit, boissons froides et chaudes à disposition, etc.).
La sieste au travail : des bienfaits reconnus
La somnolence diurne liée au manque de sommeil peut être diminuée grâce à la pratique de la sieste. Les conditions dans lesquelles est réalisée une sieste sont très importantes et en conditionnent partiellement les effets.
Les bienfaits de la sieste au travail sont multiples :
- Amélioration significative de la vigilance, des fonctions cognitives (concentration, mémorisation) et de l’humeur
- Amélioration des performances et productivité favorisée- diminution de la fatigue, de la somnolence et du stress
- Augmentation des capacités d’apprentissage Cependant, une sieste trop longue est déconseillée et tend davantage à fatiguer (les mécanismes du sommeil étant alors activés).
Il est donc important pour les salariés, d’être informés des recommandations suivantes (source INSV) :
- Faire une pause détente de 5 à 20 minutes, sans s’obliger à s’endormir impérativement (le sommeil apparaît naturellement en cas de besoin). Adopter une posture confortable.
- Prévoir 20 minutes de repos maximum (programmer une alarme de type réveil, portable, montre) : 10 minutes de sieste suffisent pour se sentir reposé.
- Privilégier un endroit calme et en semi-obscurité (éviter l’exposition au bruit et à la lumière).
Une sieste est efficace, si elle respecte certaines conditions, notamment d’horaire, de durée et d’environnement.
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