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Sommeil et Travail : constat et chiffres clés sur les troubles du sommeil

Sommeil et travail : constat et statistiques sur le sommeil

L’insomnie est le plus fréquent des troubles du sommeil. L’insomnie recouvre les difficultés d’endormissement, les réveils nocturnes fréquents ou un réveil trop précoce sans possibilité de se rendormir, ou encore un sommeil non récupérateur.
Ces troubles sont source de souffrance et de répercussions sur le fonctionnement diurne (fatigue, baisse d’attention, de concentration ou de mémoire, irritabilité, etc.) propres à l’individu.


Trouble du sommeil et travail : relations étroites entre somnolence et efficacité

 
Les troubles du sommeil ont des conséquences sur la vigilance diurne : ils diminuent les capacités cognitives (concentration, mémorisation, compréhension, etc.) et la productivité, perturbent le comportement social (difficultés relationnelles, troubles de l’humeur, conflits, etc.), et augmentent le risque d’erreurs, d’accidents du travail et d’absentéisme. Les risques d’accidents de trajets sont élevés, notamment pour les professions du secteur du transport.

Une dette chronique de sommeil ou insuffisance de sommeil apparaît lorsqu’ un individu n'obtient pas la quantité de sommeil nécessaire à son niveau normal d'éveil, de façon persistante. Elle concerne plus particulièrement les travailleurs à horaires atypiques.
Il est possible faire un constat entre le sommeil et le travail : les conditions de travail favorisent en effet les troubles du sommeil et notamment l’insomnie : le travail de nuit, posté, les horaires changeants et les décalages horaires (ou jet lag), les nuisances de l’environnement (bruit, ambiances thermiques, etc.), le stress et la pression professionnels diminuent la qualité du sommeil et la vigilance au travail. Le sommeil peut perturber le travail et inversement.
 
La place du sommeil dans la survenue de certaines maladies ou leur aggravation est démontrée. Les troubles du sommeil favoriseraient notamment la prise de poids, la dépression, le diabète, les troubles respiratoires et cardiovasculaires. L’insuffisance de sommeil peut avoir des répercussions sur la santé physique et mentale des salariés. Le sommeil doit donc être considéré comme un sujet de prévention à part entière.
Les entreprises doivent donc adapter au mieux les rythmes de travail aux rythmes biologiques.
 

Trouble du sommeil et travail : chiffres clés
 

Selon l’enquête Enquête INSV - MGEN 2012 « Sommeil et performance au quotidien »  :
- La durée moyenne du sommeil des Français se stabilise autour de 7 heures
 
- 1/3 des français font au moins une sieste par semaine
 
- 4 personnes sur 10 souffrent de troubles du sommeil : 22 % d’insomnie et 16 % de troubles du rythme du sommeil
 
- Seulement 16% des personnes souffrant de troubles sont traitées : un tiers utilise un traitement non médicamenteux, deux tiers un médicament 
 
- Une personne sur deux se sent moins performante au moins 1 fois par semaine. Il s’agit principalement des personnes souffrant de troubles du rythme du sommeil, d’insomnie, de troubles du sommeil, mais aussi de jeunes gens (25--‐34 ans) et de personnes n’ayant pas d’activité sportive.
 
- Le sommeil est le 1er facteur influant sur les capacités physiques et sur les capacités intellectuelles
 
 
Selon Les troubles du sommeil – synthèse des études menées à l’Institut de Veille Sanitaire – mars 2012
 
- 1 personne sur 3 déclare avoir des troubles du sommeil au moins 3 nuits par semaine : ces troubles concernent plus majoritairement les femmes que les hommes (39 % des réponses vs 29 %) et sont plus fréquents avec l’âge (44 % des personnes de plus de 75 ans, 22 % des 16-24 ans). Enfin, plus de 80 % des personnes concernées déclarent que ces troubles durent depuis plus de trois 3 mois.
 
- 1 personne sur 5 déclare avoir des troubles du sommeil associés à de la fatigue ou à une somnolence diurne excessive.
 
Selon l’enquête Les Français et leur sommeil réalisée par l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) en 2008 :
 
Le travail est la principale cause déclarée de manque de sommeil (53 %), suivi des difficultés psychologiques (40 %) et, dans une moindre mesure, les enfants (27 %), les loisirs (21 %), et le temps de transport (17 %).
Une personne interrogée sur 10 souffre également de troubles de somnolence. Ces troubles peuvent avoir des conséquences graves puisque 3 % de l’échantillon a déjà eu un accident lié à la somnolence au volant.
 
- Ces troubles ont un impact négatif sur la vie au quotidien : 48 % des personnes interrogées déclarent un impact négatif sur leur caractère, 45 % sur leur humeur ou encore sur leur capacité de concentration, 32 % sur leurs activités quotidiennes et 30 % sur leurs relations avec les autres.
 
Selon l’enquête Les Français, le sommeil et le travail, réalisée par TNS Healthcare et l’INSV (Institut national du sommeil et de la vigilance) en février 2006 :
 
- Les troubles du sommeil ont surtout un impact sur le dynamisme et la concentration au travail. Plus de la moitié des personnes souffrant d'au moins un trouble du sommeil (56%) déclarent que ces troubles occasionnent au moins une nuisance dans le cadre professionnel.

- Les répercussions de ces troubles du sommeil se font essentiellement sur l'énergie, le dynamisme (45%) et la concentration et la capacité à ne pas faire d'erreur (29%).

- Parmi les personnes souffrant d'au moins un trouble du sommeil, 8% ont été absents au moins 1 fois au travail au cours des 12 derniers mois en raison de ces troubles.

- 13% ont conduit en manque de sommeil ou en état de somnolence dans le cadre de leur activité professionnelle et ont risqué l'accident.

- 37% estiment que les horaires ou rythme de travail perturbent le rythme de sommeil. 
 
Enfin :
- Les personnes qui souffrent d’insomnie présentent un taux d’absentéisme au travail 2 fois plus important que pour les autres troubles du sommeil. Le coût de cet absentéisme est très important et incombe en premier lieu aux employeurs
(source : Sleep (vol 29, N°2, 2006) enquête coordonnée par le Docteur D. Léger, Président du Conseil Scientifique de l’ISV).

 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol
Créé le Dimanche, 28 Juin 2009 00:00
Mis à jour le Mercredi, 11 Juillet 2012 22:15