Conséquences d'un manque de sommeil / mauvais sommeil : pourquoi agir ?

Un sommeil de qualité participe à maintenir les performances physiques, psychiques et intellectuelles. En effet, le manque de sommeil, des troubles de l’endormissement ou des réveils nocturnes fréquents, se répercutent sur la santé d’un salarié et le déroulement de la journée de travail.
Les conséquences d’un manque de sommeil / mauvais sommeil sur la santé
La privation chronique de sommeil et le manque de sommeil perturbe les régulations métaboliques de l’organisme. Les conséquences du mauvais sommeil sur la santé sont la survenue de certaines maladies ou leur aggravation :
- Surpoids ou obésité (entraînés par une perturbation métabolique) : La réduction du temps de sommeil conduit à une augmentation de la prise énergétique (boissons et alimentation sucrées), et une augmentation du temps de sommeil et de somnolence conduit à une réduction d’activité.
- Diabète (perturbation du métabolisme du sucre) : l’augmentation de la charge pancréatique liée à l’insulino-résistance induite par une dette de sommeil chronique peut à long terme conduire à un diabète de type 2.
- Maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, etc.).
- Complications respiratoires.
- Troubles psychologiques, psychiatriques, neurologiques.
Les études scientifiques mettent en évidence qu’un manque de sommeil ou un sommeil non réparateur peut avoir un impact sur (source INSV) :
- Le maintien de la vigilance à l’état de veille (risque de somnolence diurne et de troubles de l’attention)
-·La reconstitution des stocks énergétiques des cellules musculaires et nerveuses-·La régulation de fonctions telles que la glycémie (perturbation du métabolisme du sucre, favorisant surpoids et risque de diabète)
- L’élimination des toxines et autres déchets des systèmes respiratoires, cardiovasculaires et glandulaires
- La stimulation des défenses immunitaires
- La régulation de l’humeur et de l’activation du stress
- Les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation
- La production d’hormones de croissance (notamment chez les enfants)
Les pathologies du sommeil peuvent aussi avoir de graves conséquences et détériorer la quantité ou la qualité du repos réparateur. Parmi les plus fréquentes, on distingue :
- L'insomnie : ce trouble du sommeil, plus ou moins chronique, se caractérise par un sommeil de mauvaise qualité avec des difficultés d’endormissement, des réveils précoces ou multiples durant la nuit. L’insomnie peut aussi être un symptôme de dépression.
- Les hypersomnies : elles se manifestent par des endormissements incontrôlables. Une des formes d’hypersomnie est la narcolepsie-cataplexie (ou syndrome de Gélineau). Des accès irrésistibles de somnolence, des relâchements musculaires brusques, des paralysies du sommeil ou des hallucinations (lors du réveil ou durant l’endormissement) sont observés et perturbent gravement la qualité de vie. L'hypersomnie idiopathique est une maladie qui correspond à un allongement pathologique du temps de sommeil, une somnolence diurne importante et un sommeil non récupérateur. Les causes peuvent être d’origines neurologique, psychiatrique, infectieuse ou endocrinienne.
- Les apnées du sommeil : elles correspondent à un arrêt de la respiration qui entraîne des éveils très fréquents durant le repos. Elles occasionnent des ronflements, un sommeil non réparateur, des troubles de la mémoire, de l’attention, et de l’humeur (irritabilité). Les principales causes sont le surpoids, une morphologie particulière, un excès d’alcool ou une prise de certains médicaments.
- Le syndrome des jambes sans repos : il correspond à des mouvements involontaires, des impatiences ou des douleurs des membres inférieurs, qui surviennent notamment le soir ou la nuit et perturbent la qualité du sommeil et la récupération physique de l’organisme. Ces pathologies du sommeil occasionnant de nombreux troubles, peuvent être responsables d’une dégradation de la vigilance au cours de la journée de travail. Il est donc important de les diagnostiquer afin de les traiter.
- Faire de son sommeil un allié, un partenaire de santé (8ème Journée Nationale du Sommeil – 2007)
Les conséquences d'un manque de sommeil sur la santé peuvent être importantes. Mais le mauvais sommeil peut avoir d'autres conséquences sur le travail ou encore économiquement.
Les conséquences d’un mauvais sommeil / manque de sommeil sur le travail
Un mauvais sommeil peut avoir des conséquences et effets néfastes sur la santé, mais entraîne également des répercussions importantes dans le cadre professionnel. Les conséquences d'un manque de sommeil pour le salarié et l’entreprise peuvent être nombreuses :
- Abaissement de la vigilance et de l’attention, lié à la somnolence et la fatigue
- Capacités cognitives diminuées (concentration, mémorisation, apprentissage, etc.)
- Difficultés dans la prise de décision (facultés de compréhension, d’adaptation, et réactivité moindre, etc.)
- Diminution de la productivité et baisse des performances au travail (risque d’erreur, rapidité d’exécution diminuée, etc.)
- Problèmes de sécurité pour le salarié concerné et son entourage (collègues, machines utilisées, etc.)- Risques accrus d’accidents du travail et de trajet (erreur de jugements, de perception, endormissement, etc.). La somnolence est en cause dans 20 à 30 % des accidents routiers professionnels et domestiques. Elle entraîne un ralentissement du temps de réaction, une modification du champ visuel ou des troubles du jugement pouvant être responsables de prises de risques inconsidérées.
- Augmentation de l’absentéisme
- Difficultés relationnelles et conflits sociaux au sein de l’entreprise accrus, liés aux troubles du comportement induits par le manque de sommeil (irritabilité, agressivité, symptômes dépressifs, etc.).
Parmi les conséquences du manque de sommeil, une perturbation des rythmes du sommeil favorise l'absentéisme : la rentabilité au travail est conditionnée par l'organisation de repos compensateurs.
Les conséquences économiques d'un manque de sommeil
Les conséquences sanitaires, professionnelles et sociales directement et indirectement liées aux troubles du sommeil constituent un coût pour les entreprises. En effet les conséquences d'un manque de sommeil ou mauvais sommeil peuvent être économiques.
Ces conséquences économiques sont notamment liées à :
- L’augmentation de l’absentéisme
- La baisse de la productivité
- L’élévation du nombre d’accidents du travail et de trajets
- L’augmentation des dépenses liées aux accidents et aux soins de santé.
Deux études ont mis en évidence l’importance et les impacts financiers liés aux insomnies des travailleurs. Selon l’étude Insomnia and absenteeism at work. Who pays the cost? (De Godet-Cayre V, Pelletier-Fleury N, Le Vaillant M, Dinet J, Massuel M.A, Leger Damien - 2006) :
- Les coûts indirects liés à l’absentéisme des insomniaques proviennent des éventuelles conséquences sociales de l’insomnie (problèmes de santé), des conséquences professionnelles (baisse de productivité et absentéisme) et des accidents. Les dépenses sont évaluées à :
- Pour l’employeur : 233 euros par employé (à plus ou moins 101), par an pour le remplacement du salaire et la perte de productivité
- Pour l’employé insomniaque : 100 euros (à plus ou moins 54) par an
- Pour l’assurance maladie : 77 euros par employé (à plus ou moins 39), par an.
- En France, 88 % du coût indirect de l’insomnie est à la charge de l’employeur.
(source : extrait d’un article du Pr Léger, sur les conséquences économiques du manque de sommeil et son impact sur la qualité de vie, publiée dans « Médecine du Sommeil » de décembre 2008.)
L’étude Professional correlates of insomnia. (du SISYPHE Study Group - Léger D, Massuel MA, Metlaine A) met en évidence que les personnes ayant des insomnies présentent deux fois plus d’absentéisme que les personnes qui dorment bien.
Les entreprises doivent faire de la prévention afin de limiter les conséquences d'un manque de sommeil / mauvais sommeil.
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