Travailler Santé
 
Humanis

Stress au travail, violence et harcèlement moral : pathologies et risques psychosociaux

Stress au travail, violence, harcèlement : les troubles psychosociaux

Les risques psychosociaux incluent les troubles tels que le stress, les violences, le harcèlement moral et de façon générale un sentiment de mal-être au travail. Ces troubles psychosociaux, parfois associés, peuvent avoir de multiples causes, manifestations et conséquences, souvent favorisées par les situations de travail.

 


Depuis la fin de l'année 2006, plusieurs cas de suicides sur le lieu du travail ou attribués aux conditions de travail ont été médiatisés. Il existe un lien entre les contraintes au travail génératrices d’un état de stress chronique et l’apparition d’une dépression.
Le « job strain » correspond à un déséquilibre entre une forte exigence psychologique et une absence de marge de manœuvre. Les salariés en situation de stress chronique sont fragilisés : leur santé mentale peut évoluer vers une dépression pouvant favoriser un passage à l’acte suicidaire.
Un état de stress déclaré peut être associé à un suicide des années plus tard : les entreprises ont une responsabilité vis-à-vis de leurs salariés et doivent agir pour prévenir les troubles psychosociaux.


Le stress au travail ou le stress en entreprise

Selon le BIT (bureau international du travail), le stress au travail est l'un des plus graves problèmes actuel. Le stress est lié aux contraintes et agressions subies par l’organisme : chaque individu réagit différemment aux facteurs de stress.
Le stress, qu'il soit en entreprise ou non, survient lorsqu'il y a « déséquilibre entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu'elle a de ses propres ressources pour y faire face » (source : Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail). Il affecte la santé mentale mais aussi la santé physique, le bien-être et la productivité au travail.
Le « burnout » est un syndrome décrit par les Américains pour désigner un état d'épuisement physique ou mental lié au travail.

Le stress ou syndrome d'adaptation, se développe en trois phases (selon les travaux de Hans Selye et de ses successeurs) :
- une réaction d'alarme (les premières réactions à l'agression apparaissent)
- une phase de résistance (le corps et l’individu sont préparés à se défendre contre l'agression)
- un stade d'épuisement (le corps et l’individu sont submergés par le stress qui persiste).

Une exposition prolongée au stress en entreprise peut réduire l'efficacité au travail. Le stress d’un salarié peut être révélateur de dysfonctionnements collectifs et organisationnels. L’entreprise a donc la responsabilité de réguler collectivement la charge de travail et de trouver un compromis entre ses objectifs et la santé de ses salariés.

La prévention du stress permet de réduire l'apparition de problèmes de santé psychiques (dépression, perte de confiance, etc.) et diminue le risque de maladies professionnelles (TMS par exemple) et d’accidents du travail.

Le stress est devenu une priorité de santé publique. Les moyens de prévention du stress professionnel existent : il est préférable de mettre en place des démarches de prévention collectives, plus efficaces dans le temps. La prévention du stress vise à réduire les sources de stress dans l'entreprise en agissant directement sur l'organisation et les conditions de travail, les relations sociales et le poste de travail.

Le stress au travail provoque des troubles psychosociaux chez les salariés. Mais d'autres facteurs tels que la violence et le harcélement moral au travail ont un impact important sur certaines personnes.


La violence et le harcèlement moral au travail
 

L’accord cadre européen sur le harcèlement et la violence au travail (2007) indique que la violence et le harcèlement au travail peuvent être :
- physiques, psychologiques et/ou sexuels
- relever d’actes isolés ou de comportements habituels
- se produire entre collègues, dans le cadre d’un lien hiérarchique entre supérieurs et subordonnés ou être le fait d’un tiers à la relation de travail (clients, élèves, patients, etc.)
- s’étendre de cas mineurs d’irrespect à des actes plus sérieux, incluant des actes criminels (relevant de l’intervention des autorités publiques).

La violence sur le lieu de travail existe : les salariés victimes sont maltraités, menacés et agressés physiquement dans leur environnement professionnel. La violence peut avoir des répercussions sur la sécurité et la santé psychologique de la victime.

Le harcèlement moral au travail est l’une des formes de violence les plus répandues : il touche l’ensemble des secteurs d'activités et toutes les catégories professionnelles.
Les tensions engendrées par la violence ou le harcèlement moral mettent en danger la santé et l'équilibre psychologique du salarié. Les conséquences pour les victimes sont des troubles psychosomatiques et des dépressions pouvant conduire au suicide.

Le harcèlement moral, désigné également par la « psychoterreur » ou le « mobbing », peut se manifester par : une absence de consignes ou des consignes contradictoires, une privation de travail ou un surcroît de travail, des tâches inutiles, un refus de communiquer, des conditions de travail dégradées, des critiques incessantes, des sarcasmes répétés, des brimades, humiliations, propos calomnieux, insultes et menaces, etc. Une absence de soutien ou de reconnaissance de la part de la hiérarchie ou des collègues, est un des facteurs aggravants des effets du harcèlement moral au travail (source :
INRS).

Il n’existe pas de profil type des victimes de la violence et du harcèlement moral : il peut s’agir d’homme ou de femme, de jeune embauché, d’ancien cadre, de salarié approchant l’âge de la retraite, etc. Le harceleur peut être un individu seul ou parfois un groupe de travail, qui isole un collègue pour en faire un « bouc émissaire ». Le harcèlement moral peut résulter d'une situation conflictuelle ou d’une stratégie volontaire visant à déstabiliser une personne.

Selon le Code du travail, le harcèlement moral se manifeste par des agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits de la personne du salarié et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Le harcèlement peut provenir d’un employeur, d’un cadre, d’un collègue, etc. Il est sévèrement puni : tout salarié ayant procédé à des agissements constitutifs de harcèlement moral est passible d’une sanction disciplinaire. Toute personne, y compris un salarié, peut être condamnée pénalement jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

L’employeur a la responsabilité d’interdire toute pratique de harcèlement moral : les dispositions doivent figurer dans le règlement intérieur et être affichées sur le lieu de travail.

Les délégués du personnel disposent d’un droit d’alerte en cas d’agissements constitutifs de harcèlement moral : ils peuvent informer l’employeur qui doit procéder immédiatement à une enquête et mettre fin à la situation de harcèlement. Les salariés victimes ou témoins de harcèlement moral peuvent intenter une action en justice auprès du conseil de prud’hommes afin de faire cesser ces agissements et demander réparation du préjudice subi.

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol
Créé le Mercredi, 21 Janvier 2009 00:00
Mis à jour le Dimanche, 06 Mai 2012 16:07
 
 
Evaluer
EVALUER
Votre entreprise et les TPS ?
Cliquez ici
Passer à l'action
PASSER A L'ACTION
Faire face au stress dans l'entreprise
Cliquez ici
E-services

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Site certifié en partenariat avec la Haute Autorité de Santé (HAS).
Vérifiez ici.