Constat et chiffres clés sur les addictions au travail : drogue, alcool

L’addiction est caractérisée par la dépendance ou impossibilité répétée de contrôler un comportement à risque, malgré la connaissance de ses répercussions négatives. Les différentes addictions peuvent notamment concerner les produits licites (tabac, alcool, médicaments tels que anxiolytiques, hypnotiques, etc.) et les produits illicites (drogues telles que cannabis, cocaïne, héroïne, amphétamines, ecstasy, etc.).
Constat sur les addictions au travail : addiction à la drogue et à l'alcool
L’addiction au travail, ou plus généralement en milieu professionnel est une réalité actuelle (alcool, médicaments psychoactifs, etc.) et les problèmes de toxicomanie sur le lieu de travail sont croissants.
Toutes les entreprises peuvent être concernées (PME, multinationales, etc.) ainsi que toutes les catégories professionnelles. Les entreprises doivent être attentives aux comportements addictifs au travail de leurs salariés (salarié présentant un changement de comportement, des propos incohérents, une démarche titubante, etc.).
Les causes de comportements addictifs peuvent être d’ordre psychologique et social. Les salariés ont souvent recours à des substances psychoactives pour faire face aux situations de travail difficiles. Le stress, la surcharge de travail, la pénibilité physique (manutention, bâtiment, agriculture, etc.), la répétition des tâches, les relations conflictuelles, la pression professionnelle ou l’excès de responsabilités sont des facteurs favorisant la consommation abusive de produits ou substances addictives. Les problèmes posés par des consommations occasionnelles ou répétées de substances addictives mettent en danger la santé et la sécurité des salariés. Les effets des addictions à la drogue ou a l'alcool peuvent être responsables de nombreux accidents de travail et accident de trajet, d’absentéisme, de maladies et dépression, d’un climat social tendu au sein de l’entreprise, etc. Les risques d’accidents du travail sont accrus (modification de la perception du risque ou prise de risque, baisse de la vigilance, risques pour le salarié et son entourage professionnel).
L’entreprise doit prendre conscience des multiples enjeux liés aux addictions du personnel : enjeux sécuritaire, économique, juridique, managérial, sanitaire, social et relationnel. Le sujet des addictions en milieu de travail est une problématique délicate : les aspects éthiques et juridiques sont à prendre en compte lors de l’élaboration d’une démarche préventive. L’entreprise doit faire tomber les tabous et considérer l’importance de prévenir les comportements addictifs sur les lieux de travail. La récente réglementation interdisant de fumer dans l’entreprise peut être l’occasion d’une prise de conscience pour lever les tabous sur les addictions aux drogues, aux médicaments et aux autres substances.
La prévention reposant sur la mise en place d’une démarche collective est donc nécessaire dans les entreprises. Un protocole accepté par tous doit être défini lorsqu’une situation de danger se présente (modes d’intervention, moyens à mettre en œuvre, sanctions encourues, etc.). L’entreprise doit notamment respecter la réglementation et mettre en place une politique de prévention des addictions, en concertation avec le médecin du travail et les représentants du personnel (CHSCT ou délégués). Les entreprises ont le devoir de sensibiliser les salariés aux risques encourus pour eux et leur entourage. Pour cela, elles peuvent s'appuyer sur des statistiques et chiffres clés sur les addictions au travail.
Quelques chiffres clé sur les addictions au travail
Les enquêtes et chiffres clés sur les addictions au travail suivants mettent en évidence l’importance de prévenir les comportements addictifs sur le lieu de travail et révèlent la réalité du phénomène des addictions dans les entreprises.
- 9,7 millions de personnes consomment régulièrement de l’alcool, 1,2 millions du cannabis et 3,8 millions des médicaments psychotropes (source : OFDT - 2005 et 2007).
- L’alcool serait à l’origine de 15 à 20 % des accidents professionnels, d’absentéisme et de conflits au travail.
- On évalue à 1,25 % de la masse salariale globale, charges comprises, les dépenses annuelles des entreprises pour payer les coûts cachés occasionnés par les addictions à l’alcool et autres substances des salariés (source : agence lyonnaise Restim, spécialisée dans la prévention des addictions – résultats parus dans Stratégies, 24 février 2005).
- A la question « que prenez-vous pour tenir le coup au travail dans les moments difficiles ? », les salariés sont 3 % à déclarer toucher aux drogues : cannabis, haschisch ou cocaïne. 10 % recourent à des médicaments euphorisants (antidépresseurs, amphétamines) ou détournés de leur usage thérapeutique, 12 % à des somnifères, et 56 % à des stimulants sur-vitaminés (sondage : IFOP – 2006).
- Une étude réalisée en 2004 par l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) en Midi-Pyrénées révèle que 33 % des salariés et dirigeants interrogés font face à des problèmes liés à l’alcool dans leur entreprise. Toutes les catégories d’entreprises et de salariés sont concernées.
L’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation à la Santé) a réalisé 2 enquêtes relatives à la consommation de substances psycho-actives en milieu de travai, donnent des chiffres clés sur les addictions au travail :
(L’enquête salariés a été réalisée pour l’INPES, par BVA en avril 2006, auprès de 971 actifs. L’enquête DRH a été réalisée en avril 2006, par BVA, en partenariat avec l’ANPAA et l’ANDCP (Association nationale des directeurs et cadres de la fonction personnel : 811 DRH et chefs d’établissements ont été interrogés.)
- Les risques liés aux addictions sont jugés importants par plus de 85 % des DRH des entreprises. Salariés et DRH partagent sensiblement les mêmes opinions et ont conscience de l’importance et des conséquences de la consommation de substances psycho actives dans l’entreprise.
- La toxicomanie au travail (usage de cannabis et autres drogues) est jugée de plus en plus préoccupante : 25 % des salariés (36 % chez ceux travaillant dans la construction) jugent de plus en plus préoccupants les problèmes de cannabis au travail. 46 % des dirigeants d’entreprises de moins de 50 salariés et 35 % des DRH des entreprises de plus de 50 personnes sont tout à fait d’accord avec cette allégation.
- La consommation d’alcool est citée par 6 dirigeants sur 10, comme étant « très importante». Elle occupe la troisième place dans les préoccupations des DRH.
- L’alcool est de loin le problème le plus fréquemment rencontré : 62 % des entreprises de 50 salariés et 18 % des plus petites entreprises y ont déjà été confrontés.
- Salariés comme DRH ont conscience des répercussions de l’alcool : 71 % des salariés, 74 % des DRH d’entreprise de plus de 50 salariés et 79 % des dirigeants de petites entreprises, ont conscience des problèmes relationnels et d’absentéisme, qu’induit la consommation d’alcool.
- 10 % des salariés, 24 % des dirigeants de petites entreprises et 31 % des DRH d’entreprises de plus de 50 salariés déclarent que la consommation d'alcool au travail fait partie de la culture de leur milieu professionnel.
- 11 % des actifs boivent durant leur temps de travail. La consommation durant le temps de travail (hors repas et pots) concerne 11 % des actifs et 14 % des salariés ayant déclaré avoir bu dans l’année. Elle ne serait autorisée que par 2 % des DRH.
- Les salariés du secteur de la construction seraient davantage concernés : 7 % d'actifs déclarant consommer de l'alcool au moins de temps en temps, 15 % plus rarement.
- La consommation d'alcool lors de déjeuners d'affaires concerne 23 % des actifs avec une proportion plus importante chez les cadres supérieurs (39 %). Elle est l’occasion pour 44 % des buveurs de consommer au moins deux verres d’alcool, et 3 verres ou plus pour 8 % d’entre eux.
- La consommation d'alcool au repas de midi concerne 18% des actifs avec une proportion supérieure dans le secteur de l'agriculture (34 %). Elle est l’occasion pour un tiers des consommateurs de boire deux verres et plus (5 % plus de 3 verres).
- La consommation lors de pots en entreprise concerne 49 % des actifs, 62 % des salariés ayant déclaré avoir bu dans l’année.
- Les problèmes d'alcool et de cannabis inquiètent les dirigeants : 45 % de ceux qui ont été confrontés à un problème d’alcool dans l’entreprise se sentent démunis, et 56 % dans le cas de l’usage du cannabis.
Parmi ces chiffres clés sur les addictions au travail, l'enquête dévoile :
- Les dirigeants d’entreprises tentent de résoudre dans 8 cas sur 10 ces problèmes d’alcool en ayant recours au dialogue avec le salarié (83 %). Viennent ensuite le recours au médecin du travail (68 %) et aux représentants du personnel (58 %). Les sanctions ne sont toutefois pas exclues, l’avertissement est mentionné par 58 % des DRH.
- Face à un problème d’alcool dans l’entreprise, le médecin est un interlocuteur privilégié : 72% des DRH évoquent son implication, 67 % suite à leur demande et 5 % suite à l’initiative du médecin.
- Lors de leur dernière visite annuelle, 30 % des salariés ont été interpellés par le médecin du travail sur leur consommation d’alcool (53 % sur leur consommation de tabac et 15 % sur l’usage de drogues).
- 36 % des salariés déclarent avoir bénéficié d’actions de prévention ou de formation sur le tabac, 29 % portaient sur l’alcool, 18 % sur le cannabis, 15 % sur les autres drogues.
- 3 entreprises de plus de 50 salariés sur 10 déclarent avoir mis en place des actions sur l’alcool (28 %) ou sur le tabac (29 %). 3 % ont mis en place des actions sur le cannabis. En ce qui concerne les plus petites entreprises, les actions tabac l’emportent (15 %) sur celles relatives à l’alcool (8 %) et au cannabis (2 %).
- Lorsqu’elles ont initié une action, les entreprises ont essentiellement mis en place des actions de sensibilisation du personnel (74 %), puis la mise à jour du règlement intérieur (71 %), ou une action de formation des Comités Hygiène et Sécurité au Travail (40 %).
- Les salariés et DRH partagent le même point de vue sur les interlocuteurs habilités à traiter les questions de santé ou de sécurité liées aux produits psycho actifs (alcool, tabac, drogues) : le médecin du travail est un interlocuteur privilégié (cité par 75 % et 87 %), devant les CHSCT (58 % et 70 %), le DRH (48 % et 46 %), les salariés (39 % et 38 %). Les intervenants externes sont davantage cités par les salariés (67 %) que par les DRH (47 %).
Addictions aux drogues, addictions à l'alcool ou encore aux médicaments : les addictions au travail sont nombreuses et peuvent avoir des conséquences importantes pour l''entreprise.
- Drogues, chiffres clés (OFDT –2007)
- Cannabis, quelques faits et chiffres (OFDT)
- Les 60 jours de la prévention des risques alcool et addictions en entreprise (ANPAA - 2006)
Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Site certifié en partenariat avec la Haute Autorité de Santé (HAS).
Vérifiez ici.






