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Bruit au travail et nuisances sonores au travail : les chiffres clés

Bruit au travail et nuisances sonores au travail : les chiffres clés


Le bruit au travail représente l’une des principales causes de maladies professionnelles : cette nuisance concerne près de un salarié sur trois.




 

 


Le bruit et les nuisances sonores au travail

 
Le bruit au travail et les nuisances sonores représentent un risque professionnel fréquent sur les lieux de travail. En milieu professionnel, les sources de bruit liées aux machines et procédés industriels sont multiples : travaux par percussion, manutention des matériaux, jets industriels, machines électriques, moteurs à combustion interne, rotors, pistons, explosifs, pompes ou compresseurs, matériel de forage, etc.
 
Une exposition répétée au-delà d’un certain seuil peut dégrader les capacités auditives voire aboutir à une surdité. Les conséquences et dysfonctionnements liés au bruit sont nombreux : difficultés lors de la réalisation d’une tâche, fatigue physique et nerveuse, baisse de concentration, risque d’accident accru. Le bruit au travail et les nuisances sonores est souvent révélateur de conditions de travail non adaptées aux salariés.

Le bruit se définit comme un ensemble de sons provoquant une gêne et ne peut se mesurer que sur des critères perceptifs et biologiques. Lorsque le niveau sonore est trop élevé, le bruit perçu devient gênant mais aussi dangereux. Le niveau du bruit se mesure en décibels, à l’aide d’un sonomètre. Le niveau sonore correspond à la quantité de bruit reçu, qui résulte de l’exposition sonore à un poste de travail par exemple. Le niveau sonore ou intensité sonore perçu par l’oreille s’exprime en décibels pondéré dB(A) (décibel A) : lors d’une exposition durant 8 heures par jour à 80 dB(A), le seuil de nocivité est déjà atteint. L'exposition au bruit doit être compatible avec la santé des salariés, pour notamment garantir la protection de l'ouïe. Le bruit fait l’objet d’une réglementation précise.
 
L’employeur a pour obligation de supprimer ou de réduire les risques professionnels, afin d’assurer la sécurité des salariés et de protéger leur santé physique et mentale. Il doit prendre les mesures appropriées et les mettre en œuvre conformément aux principes généraux de prévention décrits dans le code du travail. Les entreprises disposent de nombreuses solutions pour lutter contre le bruit au travail : choix des machines et matériels, aménagement acoustiques des locaux de travail, prise en compte des contraintes acoustiques réglementaire, utilisation des équipements de protections individuelles et adaptation des tâches à réaliser, etc.
 

Chiffres clés concernant le bruit au travail et les nuisances sonores

La protection contre une exposition dangereuse au bruit doit être intégrée au plan de prévention et de maîtrise des risques de l’entreprise. Au regard des chiffres clé du bruit et des nuisances sonores au travail suivants, il semble indispensable de reconnaître les dangers du bruit avant que les travailleurs ne ressentent des difficultés auditives :

- Le nombre de cas de surdités professionnelles reconnues est supérieur à 1 000 cas par an. (source : Assurance maladie)

- En 2004 en France, 1221 cas d’atteintes auditives ont été reconnus comme maladies professionnelles, ce qui représente un coût direct de 96,4 millions d’euros pour les entreprises. (source : Assurance maladie)

- Plus de trois millions de salariés français sont exposés de manière prolongée sur leur lieu de travail, à des niveaux de bruit potentiellement nocifs. Le coût moyen d’une surdité professionnelle indemnisée par la sécurité sociale représente près de 100 000 euros, ce qui en fait l’une des maladies professionnelles les plus coûteuses. (source : Assurance maladie)

- Le bruit est responsable de 11% des accidents du travail et de 15% des journées de travail perdues (source : Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie - Ademe)

- 67% des actifs français se disent dérangés par le bruit sur leur lieu de travail, selon un sondage réalisé par l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail début 2005.

- Un actif français sur deux se déclare gêné par le bruit au travail : 17% très fréquemment, 14% souvent et 20% parfois, soit 51% des personnes interrogées. Contrairement aux idées reçues, le tertiaire est concerné. 53 % des interrogés exerçant dans le secteur des services se disent fréquemment ou souvent gênés (voix, téléphone…) (source : enquête Ipsos réalisée entre novembre et décembre 2007, dans le cadre de la journée nationale de l'audition du 13 mars 2008).

- Près de la moitié des actifs gênés se plaint de répercussions sur le comportement ou la santé.Il s'ensuit pour 58% d'entre eux une modification du comportement (énervement, nervosité), une baisse de l'audition (sifflements, bourdonnements) pour 36% et de la santé en général (maux de tête, perte de sommeil, angoisse) pour 29%. (source : enquête Ipsos réalisée entre novembre et décembre 2007)

- Les catégories sociales les plus touchées sont les agriculteurs (71% fréquemment ou souvent) et les ouvriers (70%). Les secteurs d'activité les plus affectés sont l'industrie et la construction où 68% des actifs sont gênés fréquemment ou souvent, ainsi que les commerces (60%). (source : enquête Ipsos 2007)

- Les entreprises de 200 salariés et plus connaissent les plus importants dérangements, 68% de leurs employés gênés par le bruit l'étant fréquemment ou souvent (source : enquête Ipsos 2007).

- Seuls 4 actifs sur 10 disent avoir à disposition des protections auditives. Parmi eux, une très large part les utilise : 43% systématiquement et 39% parfois. (source : enquête Ipsos 2007)

- 32 % des personnes exposées à des bruits nocifs n'ont pas de protection auditive à leur disposition (source : enquête SUMER 2003).

- Lors d’une journée de travail de 8h, l’audition est en danger à partir de 80 dB(A). Au-delà de 130 dB(A), une exposition même de courte durée est dangereuse (source : INRS).

- Près de 7 % des salariés subissent pendant plus de 20 heures par semaine des bruits nocifs dépassant le seuil de 85 décibels A (dbA) ou comportant des chocs et impulsions. 25 % sont exposés à d'autres bruits moins dangereux pour la santé, mais ayant des conséquences sur la qualité de vie au travail. (source : enquête SUMER 2003 menée par la Direction des relations du travail et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques : "premières synthèses de l'enquête Sumer 2003").

- Environ un tiers des travailleurs en Europe sont exposés à des niveaux de bruit potentiellement dangereux pendant au moins un quart de leur temps de travail (source : agence européenne pour la santé et la sécurité au travail).

- A travers le monde, on estime à quelque 120 millions le nombre de gens qui présentent des difficultés auditives invalidantes (source : Lignes directrices).

A la vue de ces chiffres clés sur le bruit au travail et les nuisances sonores, améliorer l’environnement de travail est possible avec l'application de la réglementation et des normes en vigueur, et par la mise en place de mesures préventives.

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol
Créé le Mardi, 28 Avril 2009 00:00
Mis à jour le Jeudi, 26 Janvier 2012 15:43
 
 
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