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Les principaux risques professionnels dans les CHRS

Risques professionnels chrs

Les principaux risques professionnels dans les CHRS sont liés à l’activité de la structure. Il peut notamment s’agir des risques psychosociaux liés à l’organisation et à la nature du public accueilli, les risques liés aux gestes et postures, le risque infectieux, le risque routier ….

 


Les risques psychosociaux : principal risque professionnel lié au travail dans les CHRS
 

Les risques psychosociaux sont les premiers risques professionnels engendrés par le travail dans les CHRS. Ils sont définis comme les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental. Ils regroupent le stress, le harcèlement, l’épuisement professionnel, la violence au travail, le burn out...

Selon l’étude Samotrace, menée par l’INVS en 2007, 26% des hommes et 35% des femmes travaillant dans la santé et l’action sociale, et 21% des hommes et 40% des femmes travaillant dans les services collectifs, sociaux et personnels, sont en situation de souffrance psychique.
 
Les facteurs psychosociaux de risque au travail mis en évidence par la littérature scientifique peuvent être regroupés autour de six axes. Ils sont relatifs à l’intensité du travail et au temps de travail, aux exigences émotionnelles, à une autonomie insuffisante, à la mauvaise qualité des rapports sociaux au travail, aux conflits de valeurs et à l’insécurité de la situation de travail.
  • Dans les CHRS, les principaux risques sont :
- Le temps de travail : horaires décalés, travail de nuit, travail le week-end, quantité et complexité du travail…
Les CHRS sont ouverts 7 jours sur 7 et 24h/24 accueillant en urgence, surtout la nuit, un public en voie de marginalisation.
 
- Des exigences émotionnelles importantes : Dans les CHRS, les salariés sont au contact avec des personnes en situation de grande détresse émotionnelle, morale, physique, matérielle et financière. Ils ont de temps en temps des problèmes avec les résidents : violence physique ou verbale.
 
- Des rapports sociaux et relations de travail qui se dégradent
En matière de rapports sociaux et de relations de travail, le manque de soutien de la part des collègues et de la hiérarchie renforce les situations de tension au travail. La violence au travail, caractérisée par des mises en situation d’agression, d’isolement, de mépris, de manque de reconnaissance et de sentiment d’utilité du travail sont également des facteurs de risques psychosociaux.
 
Des conflits de valeur
Les salariés ont de plus en plus un sentiment de dénaturation de leurs missions, aggravé par l’application des décrets de Janvier et Février 2012 sur le logement d'abord qui menace à terme l’existence même des CHRS et des services annexes (service d’urgence, accueil prénatal, halte soin santé, point santé, accueil de jour…)
- L’insuffisance d’effectifs, de moyens matériels, de formation…

- L’insécurité de l’emploi : travail précaire pour certains salariés en CDD, absence d’augmentation des salaires, risque de fermeture de certains CHRS, compte tenu des modes de financement.
  • Des conséquences pour les salariés et les établissements
Les troubles psycho-sociaux peuvent avoir des conséquences notamment sur la santé des salariés mais aussi sur la santé des entreprises.
 
Des conséquences pour les salariés :
Le stress peut-être à l'origine de plusieurs troubles et altérations de la santé :
- Troubles du sommeil, de la vigilance, de l'attention : ils peuvent entraîner une augmentation des risques d'accidents du travail
- Troubles cardio-vasculaires, Hypertension Artérielle (HTA)
- Troubles digestifs : brûlures d’estomac, colopathies…
- Troubles musculo-squelettiques (TMS) : les situations de stress augmentent la prévalence des TMS
- Troubles anxio-dépressifs
- Suicide ou tentative de suicide au travail ou à cause du travail.
 
Dans le secteur de l’éducation, 37% des salariés estiment que leur travail affecte leur santé et ils sont 39% dans le secteur du soin (4ème enquête de la Fondation européenne pour l’Amélioration des Conditions de Vie et de Travail, publiée en 2007).

Des conséquences pour les établissements :
L'existence de risques psychosociaux dans les établissements peut engendrer :
- Une augmentation de l’absentéisme et du turnover
- Des difficultés pour remplacer le personnel ou recruter de nouveaux employés
- Une augmentation des accidents du travail
- Une démotivation des salariés
- Une dégradation du climat social, une mauvaise ambiance de travail
- Une augmentation des actes de violence au travail : un salarié harcelé, stressé aura plus de difficultés à gérer sa charge émotionnelle.
- Une moins bonne prise en charge des personnes accueillies

>> Pour en savoir plus sur les risques psychosociaux


Les risques liés aux gestes et postures : un risque de TMS important

Les TMS figurent également dans la liste des risques professionnels liés au travail dans des CHRS. Selon une étude réalisée en 2011, par Chorum (Une évaluation des risques psychosociaux parmi les salariés d’un CHRS), pour près d’un tiers des salariés les conditions de travail en terme de postures et de charge physique sont insatisfaisantes : ils doivent être debout, déplacer des charges (aide aux déménagements), faire de fréquents déplacements pour aller d’un logement à un autre …

Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) résultent d’une combinaison de facteurs biomécaniques (répétitivité des gestes, efforts, posture), psychosociaux et sont liés à l’organisation du travail. Ils affectent principalement les muscles, les tendons et les nerfs des membres et du tronc.
 
On distingue les TMS du membre supérieur (TMS de l’épaule, tendinites, syndrome du canal carpien, cervicalgies...), les lombalgies : douleurs lombaires, lumbagos, sciatiques… (les lombalgies sont la première cause d’absence au travail chez les moins de 45 ans), les TMS du membre inférieures (tendinite, jambe lourde …)
 
Ces troubles entraînent des douleurs et des gênes handicapantes lors des mouvements, qui peuvent avoir des répercussions importantes sur la vie professionnelle et privée des salariés atteints. Sans une prise en charge rapide, les douleurs deviennent de plus en plus gênantes et certains mouvements sont impossibles. Avec le temps, certaines lésions peuvent devenir irréversibles.
 

Les troubles musculo-squelettiques représentent environ 85% des maladies professionnelles en 2010 et le nombre de nouvelles victimes indemnisées pour ces troubles musculo-squelettiques a augmenté de 4,3% par rapport à 2009 (Assurance Maladie - chiffres 2010)

L
es TMS affectent deux salariés sur 1000 en moyenne. Le coût d’indemnisation des TMS est chiffré à 875 millions d’euros (rapport 2009 de la CNAM)

7 salariés interrogés sur 10 décla­rent ressentir une douleur associée aux TMS. La localisation des principales zones se situe au dos (50%), à l’épaule-nuque (45%), au poignet (25%), au ge­nou (17%) (sondage réseau Anact-CSA 2010)

Les douleurs liées aux T.M.S touchent 15% des femmes de 20 à 59 ans et 11 % des hommes travaillant en entreprise, se­lon une étude de l’Institut de veille sani­taire (InVS - 2009)

 

Des conséquences pour le salarié et pour l’entreprise :
Ces troubles ont des répercussions majeures à la fois sur le climat social, les accidents du travail, le turn-over, l’inaptitude, l’abandon du métier enfin, bien avant l’âge de la retraite.

Dans le secteur médico-social, les troubles musculo-squelettiques (TMS) contribuent fortement à la pénibilité du travail et expliquent souvent un fort taux d’absentéisme, avec les impacts sur l’organisation et la qualité du service apporté aux personnes accueillies.

Pénibilité au travail et contraintes physiques

Les contraintes physiques contribuent à la pénibilité du travail. L’avancée en âge augmente, en général, les risques liés à l’activité physique notamment du fait du cumul des expositions passées et de leurs conséquences.
Des démarches de prévention doivent donc être mises en place quel que soit l’âge des salariés, de façon à permettre des parcours professionnels moins pénibles.

 

 
>> Pour en savoir plus sur les TMS

 
 

Les risques infectieux : une obligation de protection vis-à-vis de la tuberculose

Compte tenu du public accueilli et de la recrudescence de la tuberculose en France, le risque d’exposition dans les CHRS est important.
Les établissements doivent donc être très vigilants en matière de vaccination et de lavage des mains, aussi bien pour les salariés que les bénévoles.

La tuberculose en France

On dénombre environ 8000 nouveaux cas chaque année et 700 décès lui sont encore attribués.
Là encore, on observe d’importantes disparités selon les régions et les populations.
En métropole, les régions où l’incidence est la plus élevée sont l’Ile-de-France puis, à un moindre degré, les régions PACA et Rhône Alpes.
Au sein même de ces régions des disparités existent : les zones fortement urbanisées ainsi que les populations les plus défavorisées ou originaires de pays de forte endémie sont les plus touchées.
La Guyane française connaît également une incidence élevée de tuberculose.

Source : Tout sur la tuberculose

 

Les vaccinations obligatoires et recommandées :

La vaccination des personnels a deux objectifs :
- les prémunir contre un risque professionnel en leur assurant, par cet acte de prévention primaire, une protection individuelle ;
- en les immunisant, éviter qu’ils ne contaminent leur entourage et tout particulièrement les patients dont ils ont la charge : il s’agit alors de vaccination « altruiste » visant à prévenir une infectio nosocomiale.
La vaccination doit s’intégrer dans une démarche globale de prévention des risques infectieux élaborée par l’employeur en collaboration avec le médecin du travail, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et le Comité de lutte contre les infections nosocomiales (Clin). Elle ne saurait remplacer les mesures de protection collectives et individuelles visant à réduire l’exposition.

La vaccination obligatoire s’impose au salarié : c’est une obligation individuelle, de nature contractuelle, à laquelle il ne peut déroger sans risquer une rupture de contrat, sauf en cas de contre-indication médicale reconnue par le médecin du travail. Il n’en est pas de même pour une vaccination recommandée, que le salarié peut refuser.
 
Les vaccinations obligatoires dans les CHRS (art. L. 3111-4 du Code de la santé publique et arrêté du 15 mars 1991 modifié par l’arrêté du 29 mars 2005)
- BCG

Les vaccinations obligatoires dans les CHRS s’ils accueillent des enfants (dont les pouponnières)
 
- DT Polio
- Hépatite B (si exposé)

Les vaccinations recommandées dans les établissements et services pour enfants et adultes handicapés
- Grippe saisonnière
- ROR
- Hépatite A
- Varicelle
 

Le lavage des mains et le port de protection individuelle

La pratique insuffisante du lavage des mains est souvent à l'origine de ces contaminations. Pour éviter le portage de germes pathogènes, le personnel doit être en mesure de se laver les mains régulièrement.
Les services doivent donc être équipés de plusieurs points d'eau proches des lieux de soins réservés aux salariés et une formation aux techniques de lavage des mains faite régulièrement.
Dans certains cas, et en fonction du public accueilli (sortie de la rue), le port de protection individuelle (masque, gants …) est fortement recommandé.

 

Les risques infectieux sont des risques professionnels à ne pas négliger lorsque l’on travaille dans un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale. Les risques de contraction de maladies sont réels et avérés.

Les risques routiers : attention au risque mission
 

On distingue :
- le risque trajet - domicile
- le risque missions

Un accident de mission
est un accident qui a lieu à l’occasion d’un déplacement nécessaire à l’exécution du travail. C’est un accident de travail (article L. 411-1 du Code de la Sécurité sociale).
Dans un accident de mission, peuvent être engagées :
- la responsabilité pénale du collaborateur en cas d’infraction au code de la route ou d’accident corporel qu’il aurait occasionné. En effet, même s’il utilise le véhicule dans le cadre de son travail, il est considéré, sur l’espace public, comme un conducteur et est tenu de respecter le Code de la route ;
- la responsabilité pénale et civile du directeur de l’établissement … s’il est établi un défaut de mesures de prévention de sa part à l’origine d’un accident de la route. On peut citer notamment le cas où l’accident serait dû au défaut d’entretien du véhicule (article L. 230-2 du Code du travail). 
 
Les causes possibles :
- Contraintes liées à l'organisation : usage du portable en conduisant, dispersion des lieux d’hébergement…
- Véhicule non conforme ou sous équipé, mal entretenu …
 
>>  Pour en savoir plus sur les Risques routiers
 

Bien évidemment, d’autres risques professionnels peuvent être présents : risques physiques liés à l’environnement (bruit notamment …), travail sur écran, risques d’accidents…

De façon générale, pour prévenir les risques professionnels, la survenue d’accidents ou de maladies, il est nécessaire de mettre en place une organisation de la prévention, en évaluant les risques propres à l’établissement, leurs conséquences et les solutions possibles.  
 

 

Écrit par Uni Santé - Docteur Vincent Bonniol
Créé le Mardi, 28 Août 2012 16:42
Mis à jour le Dimanche, 05 Juillet 2015 15:27