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Conseils nutrition, temps de pause et régularité des repas : comment agir ?

Conseils nutrition, temps de pause, régularité des repas

Les lieux de travail et les locaux de restauration collective représentent des cadres privilégiés pour mener des actions de prévention et d’information relatives à l’équilibre alimentaire. Les médecins du travail peuvent être associés à cette démarche pour analyser la situation de l’entreprise et proposer des solutions.

 

 

 


Conseils nutrition pour améliorer l’alimentation sur le lieu de travail
 

Une action de sensibilisation à l’hygiène alimentaire et de conseil en nutrition, menée auprès des salariés de l’entreprise :
- S’appuie sur une information et une communication pertinente et claire. Des outils spécifiques sur le thème de la nutrition au travail peuvent être développés : des outils créés dans le cadre du Plan national nutrition santé (PNNS) sont à disposition. L’information ou la formation délivrée repose sur les groupes d’aliments, la santé, les idées fausses, l’importance de l’activité physique, la gestion des apports alimentaires sur la journée, etc.
- Prend en compte les ressources à disposition des salariés (locaux, matériel, réfectoire, horaires, etc.).
- Doit proposer des mesures faciles à appliquer : la modification des comportements alimentaires et les changements d’habitudes s’effectuent sur le long terme.
- Ne doit pas inciter à faire des régimes stricts mais à améliorer ses apports nutritionnels et à encourager l’adoption d’habitudes de vie saines (un régime doit faire l’objet d’un suivi individuel avec l’aide d’un professionnel comme un nutritionniste ou un diététicien, etc.).
- Veille à ne pas être culpabilisante, ni discriminante (notamment envers les personnes en surpoids). L’entreprise doit fournir un cadre de travail et une offre alimentaire favorables à l’hygiène nutritionnelle des salariés.

L’entreprise peut notamment agir sur les éléments suivants afin d'améliorer l'alimentation des salariés :
- Les lieux de restauration collective (ou restaurants d’entreprise, cantines, cafétérias et réfectoires) : ces lieux de restauration doivent permettre de choisir des menus équilibrés et proposer des alternatives aux boissons sucrées (sodas, etc.). La provenance des aliments doit être connue (notamment pour les viandes et poissons). La durée d’attente pour être servi est de préférence courte. Le lieu doit être suffisamment calme pour se restaurer ou faire une pause en toute tranquillité. L’aménagement intérieur, les équipements et l’agencement permettent de s’alimenter dans un cadre agréable (espace entre les tables, décoration, poubelles de tri, etc.).
- Les espaces de restauration : si l’entreprise ne dispose pas d’un restaurant d’entreprise ou d’une cantine, les salariés devraient pouvoir se restaurer sur place dans un endroit dédié, agréable et calme, éloigné des postes de travail. Lorsque les salariés apportent leur repas sur le lieu de travail, ils doivent disposer d’un moyen pour le réchauffer (four, micro-onde, etc.) et d’une source d’eau potable réfrigérée.
- Les participations financières (titre restaurant, chèque repas, ticket repas, ticket déjeuner, etc) : la participation aux dépenses alimentaires de la vie courante avec les titres d’alimentation est favorable pour l’entreprise et ses salariés. L’étude du BIT (l’alimentation au travail) souligne l’intérêt de ces contributions pour la santé des travailleurs.
- Les distributeurs automatiques fournissent de nombreux encas voire des repas : les choix des produits proposés dans un distributeur automatique sont aujourd’hui très étendus (café, confiseries, boissons fraiches, sandwichs, plats cuisinés). Mais l’équilibre nutritionnel n’est pas toujours garanti par ces machines. L’entreprise doit donc choisir judicieusement les produits des distributeurs mis à disposition des salariés, opter pour un approvisionnement en produits de qualité, afin d’être en cohérence avec une démarche d’amélioration de leur alimentation. Il ne s’agit donc pas de proposer des distributeurs automatiques garnis de friandises et autres sucreries. Au contraire, les distributeurs peuvent être un moyen de sensibiliser les salariés à l’hygiène alimentaire :
- Préférer des distributeurs de boissons chaudes et froides limitées en sucre (ou prévoir une fonction supplémentaire pour un ajout de sucre). La diversité des boissons proposées aux employés est importante : café, thé, chocolats chauds ou encore soupes.
- Distribuer des fruits frais, préférables pour les collations des salariés. Plus l’équipement sera fonctionnel et simple d'utilisation, plus les salariés auront plaisir à consommer les produits.
A noter également que les distributeurs représentent souvent des espaces de convivialité et de détente appréciés. L’entreprise peut profiter des espaces distributeurs pour rappeler les principales recommandations nutritionnelles (affiches sur la machine, dépliants, etc.).
- Les fontaines à eau : elles favorisent l’hydratation régulière sur le lieu de travail grâce à leur utilisation pratique (gobelet jetable, choix de la température de l’eau, etc.). En cas de chaleur (période estivale, bureaux surchauffés, etc.), les fontaines sont particulièrement utilisées et appréciées des salariés.


Conseils nutrition et alimentation pour les salariés
 

Une alimentation saine permet d'entretenir les mécanismes du corps pour effectuer des activités physiques et mentales et préserver une bonne santé. L’entreprise est un lieu privilégié pour sensibiliser les salariés à l’équilibre alimentaire et donner des conseils sur la nutrition (véhiculer des informations nutritionnelles).
Les travailleurs prennent moins de temps pour manger et privilégient souvent des repas incomplets, sous forme de collations, de burgers ou de plats cuisinés rapidement ingérés, parfois même devant le poste de travail (sur le bureau, devant l’ordinateur, etc.). Ces comportements perturbent les habitudes alimentaires et déséquilibrent les apports nutritionnels quotidiens. L’entreprise doit donc diffuser une information claire concernant les besoins alimentaires des travailleurs.

Les principaux conseils reposent notamment sur les 9 repères nutritionnels du PNNS:
- Fruits et légumes : au moins 5 par jour. À chaque repas et en cas de petits creux, crus, cuits, nature ou préparés, frais, surgelés ou en conserve.
- Pains, céréales, pommes de terre et légumes secs : à chaque repas et selon l’appétit. Favoriser les aliments céréaliers complets ou le pain bis. Privilégier la variété.
- Lait et produits laitiers (yaourts, fromages) : 3 par jour. Privilégier la variété. Privilégier les fromages les plus riches en calcium, les moins gras et les moins salés.
- Viandes et volailles, produits de la pêche et œufs : 1 à 2 fois par jour. En quantité inférieure à celle de l’accompagnement. Viandes : privilégier la variété des espèces et les morceaux les moins gras. Poisson : au moins 2 fois par semaine.
- Matières grasses ajoutées : limiter la consommation. Privilégier les matières grasses végétales (huiles d’olive, de colza...). Favoriser la variété. Limiter les graisses d’origine animale (beurre, crème...).
- Produits sucrés : limiter la consommation. Attention aux boissons sucrées. Attention aux aliments gras et sucrés à la fois (pâtisseries, crèmes dessert, chocolat, glaces, etc.).
- Boissons : de l’eau à volonté. Au cours et en dehors des repas. Limiter les boissons sucrées (privilégier les boissons allégées).
Pour les boissons alcoolisées : ne pas dépasser, par jour, 2 verres de vin (de 10 cl) pour les femmes (à l’exclusion des femmes enceintes qui doivent s’abstenir de toute consommation d’alcool pendant la grossesse) et 3 pour les hommes. 2 verres de vin sont équivalents à 2 demis de bière ou 6 cl d’alcool fort.
- Sel : limiter la consommation. Préférer le sel iodé. Ne pas resaler avant de goûter. Réduire l’ajout de sel dans les eaux de cuisson. Limiter les fromages et les charcuteries les plus salés et les produits apéritifs salés.
- Activité physique : au moins l’équivalent d’une demi-heure de marche rapide chaque jour. À intégrer dans la vie quotidienne (marcher, monter les escaliers, faire du vélo...)

Concernant les comportements alimentaires à adopter au travail, l’entreprise peut conseiller à ses salariés de :
- Conserver un rythme de 3 repas par jour (l’absence d’un repas favorise la consommation de produits caloriques tels que les friandises et le grignotage).
- Manger à la cantine ou au restaurant d’entreprise si possible : l’entreprise veille à proposer des plats variés et équilibrés, propices à l’équilibre alimentaire des salariés.
- (ou) Préférer un repas complet préparé au domicile personnel, à la consommation d’un plat cuisiné ou acheté en fast-food. Veillez au mode de conservation (réfrigéré, etc.).
- (ou) Opter pour un sandwich et/ou une salade composée acheté(s) en boulangerie (plutôt qu’un hamburger, etc.) lorsque le repas est acheté à l’extérieur (de préférence à base de pain complet, de protéines tel que le poulet ou du jambon, de crudités, limité en mayonnaise).
- Privilégier les fruits, les céréales et les laitages (yaourt) en cas de collation, plutôt que les produits caloriques salés ou sucrés (chips, bonbons, sodas).
- Boire de l’eau à des intervalles réguliers. Boire pendant les repas pour faciliter la digestion.
- Préférer l’eau (notamment si une fontaine est mise à disposition) aux boissons sucrées (sodas, jus de fruits, etc.).
- Limiter la consommation de caféine.

L’entreprise doit apporter un soin particulier dans l’élaboration de ses actions de prévention et de conseils en nutrition : réajuster et renouveler régulièrement les actions d’information, permet de sensibiliser davantage le personnel aux risques liés à une mauvaise alimentation.

 

 

  

Écrit par Docteur Vincent Bonniol
Créé le Dimanche, 21 Juin 2009 00:00
Mis à jour le Lundi, 07 Mai 2012 09:27
 
 
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