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Manger au travail : travail posté, travail de nuit et situations particulières

Nutrition entreprise : manger au travail, travail posté, travail de nuit

Certaines situations de travail : emplois à horaires atypiques, travail dans des ambiances froides ou chaudes... doivent être prises en compte dans le cadre d'une alimentation équilibrée.


Alimentation et travail posté ou travail de nuit : les emplois à horaires atypiques
 

Les emplois à horaires atypiques favorisent les situations à risque nutritionnel. Le travail de nuit correspond, selon la loi du 9 Mai 2001, à un employé qui accomplit son temps de travail quotidien durant la plage horaire du travail de nuit, c’est-à-dire entre 21 heures et 6 heures ou entre 22 heures et 7 heures.
Le travail posté est une organisation du travail qui assure la continuité de la production, grâce à la présence d'équipes se succédant sans interruption sur les lieux de travail. Certaines équipes sont fixes et d’autres alternantes (horaires changeants).
 
Le travail posté et de nuit perturbent les rythmes biologiques, en particulier le sommeil et le comportement alimentaire. L’alimentation est souvent désorganisée (choix des aliments, nombre et horaires des repas, conditions de prises des repas, etc.).

Les troubles de l'alimentation présentés par les travailleurs postés ou de nuit sont liés au décalage des horaires des repas et à des négligences nutritionnelles (grignotage, casse-croûte riche en graisses, etc.). On note aussi une surconsommation de tabac, de café et parfois d'alcool chez les travailleurs à horaires atypiques. Des problèmes digestifs peuvent d’ailleurs apparaître, tels que des problèmes intestinaux, des lourdeurs digestives, une constipation, un ulcère gastrique, etc.

Ces troubles de l’alimentation peuvent entraîner des complications à long terme : instabilité pondérale, risque cardiovasculaire, problèmes gastro-intestinaux, perturbations de la vigilance.Il semble indispensable que les entreprises pratiquant des horaires de travail atypiques, considèrent les conditions de travail de leurs salariés et en particulier leur hygiène alimentaire.

L'alimentation lors d'un travail posté doit être gérée de façon particulière. L’entreprise peut favoriser la régularité des repas : les salariés ayant la possibilité de se restaurer sur place avec des repas chauds aux heures habituelles peuvent davantage équilibrer leur régime alimentaire et prévenir les troubles apparentés aux horaires atypiques (local de restauration, possibilité de réchauffer les repas, etc.).

Les principaux conseils concernant l’alimentation des travailleurs à horaires atypiques reposent sur les recommandations suivantes :

- Prendre le temps de se restaurer sur le lieu de travail (un repas trop rapide favorise les troubles de la digestion)
- Conserver un rythme de trois repas réguliers quotidiens
- Privilégier une alimentation diversifiée, saine et dans des proportions adaptées
- Suivre les recommandations nutritionnelles (peu de matières grasses et de boissons sucrées, consommation de fruits et légumes, hydratation suffisante, pas d’alcool...)
- Eviter le grignotage
- Manger un repas équilibré avant d’effectuer un travail de nuit.
- Eviter les repas copieux avant le coucher
- Limiter la consommation de caféine.

 



Alimentation en entreprise et ambiances thermiques (ambiances froide et chaude)

L’alimentation peut aider à prévenir les risques liés à certaines ambiances thermiques (travail exposé au froid ou à la chaleur).

Le travail dans une ambiance froide augmente la dépense énergétique de l’organisme.

Les besoins caloriques et métaboliques des salariés doivent donc être satisfaits :

- Par un repas équilibré, avec un apport énergétique suffisant pour la durée et l’intensité des tâches à réaliser, et répondant aux recommandations nutritionnelles (privilégier les protéines et les sucres lents, peu de matières grasses et de boissons sucrées, consommation de fruits et légumes, hydratation suffisante, etc.)
- Par la prise de trois repas réguliers quotidiens
- Par la consommation de boissons chaudes (pour réchauffer l’organisme) : l’entreprise doit mettre à disposition, notamment sur les lieux de pause, des boissons de type chocolat chaud, thé, potage, café, etc.
- Par l’absence totale de consommation de boissons alcoolisées : l’alcool multiplie les risques liés au froid
- Par un comportement adapté : l’entreprise doit sensibiliser les travailleurs aux risques liés au froid, les inciter à faire des pauses, à boire des boissons chaudes et à avoir une hygiène alimentaire saine.

 

Travailler dans une ambiance chaude entraîne des effets sur l’organisme. Les conséquences de la chaleur sont l’augmentation du débit cardiaque, la vasodilatation, la perte d’eau et de sel notamment par la sudation (les pertes hydriques et ioniques peuvent être très importantes).

Les salariés exposés à une ambiance chaude doivent veiller à leurs apports nutritionnels :

- En favorisant une bonne hygiène alimentaire, par un repas équilibré, avec un apport énergétique suffisant pour la durée et l’intensité des tâches à réaliser, et répondant aux recommandations nutritionnelles. En cas de forte chaleur, il est possible de privilégier des repas légers mais fractionnés dans la journée
- En s’hydratant régulièrement même lorsque la sensation de soif n’est pas ressentie : l’entreprise doit permettre une réhydratation avec prise de sel, en mettant à disposition, notamment sur les lieux de pauses, des boissons fraiches, des sources d’eau potable réfrigérée (10-15°C) et du sel à proximité des postes de travail. Il est recommandé de boire de l'eau au moins toutes les 20 minutes dans des conditions chaudes
- En ne consommant aucune boisson alcoolisée : l’alcool multiplie les risques liés à la chaleur.

 



Alimentation au travail et vigilance
 

L’alimentation au travail a des effets sur la vigilance et l’attention, notamment d’un travailleur : la quantité d’aliments ingérés joue sur l’apparition d’un état de somnolence.

Certaines études montrent que :
- les protéines permettent de garder un bon état de vigilance et améliorent les performances psychomotrices
- les glucides tendent, notamment en cas de fatigue, à augmenter les phases de somnolence (dans un délai de 30 à 60 minutes après l'ingestion d’un repas).

La nature et le volume des repas pourraient donc influer sur la vigilance et influencer la survenue d'accidents du travail. Il est notamment recommandé pour un travailleur d’éviter d’effectuer des tâches à risques (manipulation d’une machine à usage complexe, etc.) ou de conduire tout de suite après un repas. 

  

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol
Créé le Dimanche, 21 Juin 2009 00:00
Mis à jour le Lundi, 07 Mai 2012 09:26
 
 
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