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Surdité professionnelle : Les risques sur la santé du bruit au travail

Surdité professionnelle :  risques sur la santé du bruit au travail

L’excès de bruit peut avoir des effets néfastes sur les organes de l’audition, ainsi que sur l’ensemble de l’organisme. Le bruit est à l'origine de nombreuses surdités profesionnelles mais aussi de troubles divers (stress, fatigue, irritabilité et agressivité, etc.).

 

 



Les effets et risques sur la santé de l’exposition au bruit représentent un véritable problème de santé publique. Le bruit est à l’origine de déficits auditifs et de surdité professionnelle irréversible. Il peut également perturber le sommeil, le comportement, la communication, et provoquer des problèmes cardio-vasculaires et psychophysiologiques.

Dans le milieu professionnel, il peut compromettre la qualité du travail, susciter des réactions d’hostilité et engendrer des changements du comportement social (incapacité à entendre dans des circonstances normales, gêne handicapante, retrait social, etc.)


Surdité professionnelles : les risques sur la santé du bruit au travail 

L’audition implique trois éléments : un phénomène physique (le son), un récepteur (l’oreille) et un système de traitement de l’information (le cerveau).

Les risques sur la santé liés au bruit dépendent de l’intensité sonore, de la durée d’exposition et de la fréquence du son. Pour une journée de travail (8 heures), l'ouïe est mise en danger à partir de 80 dB(A). Si le niveau de bruit est supérieur, l'exposition doit être de plus courte durée. Lorsque le niveau de bruit est extrêmement élevé (supérieur à 135 dB(A)), toute exposition, même de très courte durée est dangereuse. Il est nécessaire d’adopter un comportement préventif dès que l’exposition au bruit dépasse les 85 décibels afin de limiter les risques de surdités professionnelles.

Exemples de niveaux sonores

Niveau sonore en dB(A)
Exemple
20 chuchotement
40 Lieu calme
60 Conversation animée
Risques possibles pour l’audition (risques de surdité)
85 Bruit d’une ponçeuse
100 Bruit d’un marteau piqueur
à moins de 5 mètres
Seuil de la douleur
120 Concert, moteur d’avion proche
130 Banc d’essai des moteurs

Durées d'exposition quotidienne au bruit nécessitant une action

Niveau sonore en dB(A)
Durée d'exposition maximale
80 8 h
83 4 h
86 2 h
89 1 h
92 30 min
95 15 min
98 7,5 min

Parmi les risques sur la santé du bruit, les troubles de l’audition peuvent se manifester par une fatigue auditive ou par une surdité. L’exposition à un bruit intense peut engendrer temporairement des acouphènes (sensation auditive persistante tels que des bourdonnements ou sifflements dans les oreilles, perçue en l’absence de stimulation sonore) ou une baisse de l'acuité auditive. En cas d’exposition prolongée au bruit, les cellules ciliées de l’oreille interne peuvent être touchées voire détruites. Une surdité professionnelle progressive et irréversible peut s’installer insidieusement, notamment chez les salariés régulièrement exposés à des niveaux sonores intenses. Une surdité brutale peut également apparaître à la suite d’un bruit soudain et très intense (explosion, etc.).

A noter qu’une surdité professionnelle peut parfois être provoquée ou aggravée par l’utilisation de produits chimiques ototoxiques (solvants tel que le styrène, monoxyde de carbone, acide cyanhydrique, etc.)

La surdité est peut être reconnue comme une maladie professionnelle (selon certains critères médicaux et professionnels). Une maladie est professionnelle si elle est la conséquence directe de l’exposition d’un travailleur à un risque physique (comme le bruit), chimique, biologique, ou résulte des conditions habituelles dans lesquelles il exerce son activité professionnelle. Le tableau n°42 des maladies professionnelles du régime général relatif aux affections professionnelles provoquée par les bruits et le tableau n°46 du régime agricole précisent les conditions de reconnaissance. Une surdité professionnelle peut être reconnue si elle est irréversible, touche les deux oreilles, ne s’aggrave pas après l’arrêt de l’exposition au risque et est confirmée par des tests auditifs effectués 3 semaines à 1 an après l’arrêt à l’exposition. En 2003, 119 accidents du travail avec arrêt ont engendré des troubles auditifs persistants (avec incapacité permanente).
 

Un risque accru d’accident dû au bruit
 

Le bruit au travail ne se réduit pas à ses effets auditifs. Il favorise également la survenue d’accidents dans le cadre professionnel. En effet, le bruit perturbe la communication et l’écoute (mauvaise transmission des informations, incompréhension des instructions) ; il peut couvrir les signaux d’alerte sonore (déclenchement d’une alarme, signaux sonores des machines, avertisseurs de recul d’un véhicule, etc.).

Le risque d’accident dû au bruit est multiplié par les effets du bruit sur l’attention (incapacité à se concentrer, fatigue auditive, diminution de la vigilance, risque d’erreur, baisse de l'adaptation aux tâches à exécution rapide, etc.) : le bruit influence aussi la performance des travailleurs dans les tâches cognitives ou intellectuelles (mémoire, réflexion, etc.).


Stress et troubles liés au bruit, des risques pour la santé
 

Le stress est lié aux contraintes et agressions subies par l’organisme : chaque individu réagit différemment aux facteurs de stress. Une exposition prolongée au stress peut réduire l'efficacité au travail : la prévention vise prioritairement à réduire les sources de stress dans l'entreprise (bruit notamment). L’exposition au bruit entraîne une modification de la sécrétion des hormones liées au stress (adrénaline et noradrénaline). Chez les personnes présentant un état anxieux ou dépressif, les nuisances sonores peuvent amplifier et aggraver des symptômes préexistants de stress.

Le bruit chronique est source d’insatisfaction au travail, et favorise ainsi les troubles de l’humeur tels que des changements de comportement, une irritabilité, une agressivité, une anxiété. Facteur de stress, le bruit affecte les conditions de réalisation du travail, favorise un état de fatigue physique et morale, dégrade les capacités du salarié, et peut aboutir à un état de stress important ou burn-out. Le « burnout » est un syndrome décrit par les américains, pour désigner un état d'épuisement physique ou mental lié au travail.

Le stress provoqué par le bruit au travail est associé dans certains cas à des troubles du sommeil. En effet, l’exposition au bruit durant les heures de travail influence négativement la qualité du sommeil (durée d’endormissement plus longue, réveils nocturnes, fatigue accrue nécessitant des heures de sommeil supplémentaires, modifications des rythmes biologiques, durée des cycles).

 

 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol
Créé le Mardi, 28 Avril 2009 00:00
Mis à jour le Jeudi, 26 Janvier 2012 16:26
 
 
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