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Les risques sur la santé du froid au travail et les mesures de prévention

L’astreinte thermique des salariés exposés au froid se traduit principalement par un refroidissement plus ou moins rapide, du corps ou de certaines parties (mains, pieds).
Une sensation d’inconfort thermique peut être ressentie dans une température inférieure à 15 °C, mais un risque immédiat apparaît en dessous de 5 °C.

Des températures basses peuvent être à l’origine de divers symptômes tels qu’un refroidissement local responsable d’une diminution de la dextérité, de l’agilité (engourdissement, gelure, etc.) et d’une baisse de la vigilance (en raison de l’inconfort causé par le froid).
Les risques de survenue d’un accident sont accrus (glissades, vêtements épais réduisant la mobilité et la visibilité, erreurs dues à la perte de dextérité, etc.). Le froid peut engendrer des troubles plus ou moins graves sur la santé des travailleurs exposés.

 

Risques sur la santé du froid au travail


Les risques sur la santé du froid au travail : les pathologies aiguës
- Hypothermie : abaissement de la température interne de l’ensemble du corps (-35 °C), se manifestant par des tremblements.
- Gelure (engelure) : lésions cutanées localisées (mains, pieds), qui diminuent la dextérité du travailleur. L’engelure correspond au premier stade de la gelure : la gravité des atteintes cutanées dépend de l’intensité et de la durée d’exposition au froid.

Les risques sur la santé du froid au travail : les troubles chroniques 
Les températures basses peuvent favoriser certaines affections :
- Respiratoires : sinusite, laryngite, rhinite, bronchite, asthme. Les maladies respiratoires augmentent en période hivernale ou lors d’exposition au froid. L’inhalation d’air froid entraîne un refroidissement de la muqueuse des voies respiratoires supérieures, qui affaiblit les mécanismes de lutte contre les infections.
- Articulaires : rhumatismes, arthrose. Le froid perturbe la circulation sanguine, favorise la raideur des articulations et la contraction des muscles.
- Digestifs : hyperacidité, maux de ventre (le froid ralentit le transit intestinal) 

Les risques sur la santé du froid au travail : les troubles latents favorisés (révélés ou amplifiés) :
- Circulatoires : acrosyndrome vasculaire (troubles vasomoteurs), phénomène de Raynaud (acrosyndrome localisé sur quelques doigts pâles et insensibles). La vasoconstriction liée au froid (réduction du calibre des vaisseaux) favorise la survenue de troubles de la vasomotricité (régulation de la circulation sanguine).Ces troubles peuvent entraîner un handicap fonctionnel réel pour le travailleur.
- Allergiques et cutanés : urticaire (notamment urticaire au froid, localisé sur les mains et le visage)
- Troubles musculo-squelettiques : TMS favorisés par l’amplification de la raideur des articulations, la contraction des muscles, la baisse de la dextérité, et des postures extrêmes, etc. Les conséquences des mauvaises positions sont aggravées par le froid.
- Cardio-vasculaire : angine de poitrine ou angor, infarctus du myocarde (douleur thoracique). Le froid provoque une vasoconstriction, une augmentation de la pression artérielle et une hémoconcentration (à l’origine d’une hyperviscosité du sang), qui peuvent favoriser l’apparition ou l’aggravation d’un angor voire d’un infarctus.
- Au niveau cérébral, des mécanismes identiques (hypertension artérielle, hyperviscosité, thrombose) peuvent déclencher des accidents vasculaires cérébraux (AVC).


Les principales mesures de prévention du froid au travail

 

Pour prévenir les risques liés au froid, l’entreprise peut agir sur plusieurs éléments (conseils issus des recommandations de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles - Inrs)
 
Les locaux de travail :
- Aménager les locaux de façon à isoler au mieux les travailleurs exposés au froid : éloignement des salariés, éloignement des postes de travail des sources de froid, installation d’un chauffage adéquat.
- Mettre à disposition : un local chauffé (non surchauffé), des zones de chauffage (par rayonnement pour les postes très exposés).
- Prévoir un endroit, pour consommer des boissons chaudes, pour sécher les vêtements, ainsi que des armoires chauffantes pour stocker des vêtements de rechange.
- Utiliser des matériaux adaptés au froid (notamment pour les sols, afin d’éviter les chutes et glissades).
- Isoler les surfaces métalliques au sein des locaux et prévoir des équipements ou des outils (gants, mitaines, etc.) pour limiter les contacts avec des surfaces froides et le risque d’accident.
- Respecter la réglementation en vigueur, relatives aux caractéristiques des bâtiments et locaux de travail.
- Afficher la signalisation réglementaire et spécifique en matière de froid (entrée en zone de froid extrême, contact possible avec des surfaces froides, présence de surfaces glissantes, port des EPI, panneau d’avertissement « basse température », etc.).
 
Les sources de froid et les procédés utilisés :
- Eliminer ou limiter les sources de froid.
- Modifier les différents procédés mis en œuvre (fabrication, chauffage, etc.) : les procédés utilisés dans l’entreprise peuvent être revus afin d’isoler davantage les travailleurs exposés. L’entreprise peut opter pour des choix plus judicieux, en fonction des caractéristiques des bâtiments et des machines utilisées et de leur isolation thermique.

L’organisation du travail et les tâches confiées :
- Limiter le travail en zone froide et planifier le travail à l’extérieur en fonction des prévisions et conditions météorologiques (température, humidité, vitesse de l’air, précipitations, etc.).
- Réduire les contraintes dans les ateliers : adapter la nature des tâches en fonction des températures.
- Adapter les rythmes de travail pour réduire les efforts physiques et la transpiration excessive : réduire au maximum le travail sédentaire (le corps produit alors moins de chaleur) ; mais limiter le travail physique intense et le port de charges lourdes.
- Fractionner l’exposition au froid et prévoir régulièrement des moments de pauses pour permettre le réchauffement du salarié (en cas d’exposition à des températures très basses, prévoir un temps de récupération supplémentaire).
- Aménager des pauses d’une durée minimale de 20 minutes dans un endroit chauffé (au moins 20°C)
- Mettre à disposition, notamment sur les lieux de pauses, des boissons chaudes non alcoolisées : (l’alcool multiplie les risques).
- Eviter le travail seul et isolé et préférer le travail en équipe, qui permet une surveillance mutuelle des salariés en cas de problème.. Si certains travaillent de manière isolée, envisager l’utilisation des dispositifs « homme mort » (une alarme se déclenche automatiquement en cas d’immobilité prolongée).
- Mettre en place un dispositif de communication et de contrôle des équipes travaillant en environnement froid.

Consulter les représentants du personnel ou l’ensemble des travailleurs exposés, pour organiser le travail et mettre en place les mesures de prévention du froid adaptées. 

L’équipement de travail :
- Mettre en place des aides à la manutention manuelle afin de réduire l’effort physique de travail (outils, machines automatisées, etc.).
- Mettre à disposition des travailleurs des vêtements adaptés : le vêtement est un moyen de protection essentiel contre le froid. Une tenue efficace est composée de plusieurs couches vestimentaires (préférable à un seul vêtement épais) et perméable à l’évaporation sudorale (pour éviter d’emprisonner l’humidité de la peau). Pour les travaux d’extérieurs, un coupe vent ou des vêtements imperméables (par temps de pluie ou de neige) sont préconisés. Le niveau d’isolation d’un vêtement peut se mesurer à l’aide de l’unité clo (Le clo est une unité mesurant l'isolation thermique utilisée pour les vêtements)
- Fournir des équipements de protection individuelle adaptés : gants de protection, bonnets, vêtements isolants, chaussettes, chaussures antidérapantes et isolantes. (Les matières des vêtements peuvent offrir un isolement plus ou moins efficace, d’où l’intérêt de se référer à l’indice IREQ - Indice d'isolement vestimentaire).
- Protéger tout particulièrement la tête : la chaleur corporelle est en grande partie évacuée par la tête. Un bonnet ou un casque de sécurité limitent une perte excessive de chaleur.
- Choisir des équipements permettant une mobilité et une dextérité optimales. Chaque travailleur devrait pouvoir ajuster sa protection individuelle selon sa morphologie et ses tâches.
- Vérifier le confort et la compatibilité des EPI (Equipement de protection individuelle) avec l’activité effectuée, si elle comporte un risque propre (travail en hauteur, protection respiratoire, etc.).

Informer, prévenir sur les risques liés au froid et les comportements des travailleurs :
- Informer et alerter le personnel sur les risques spécifiques liés au travail en environnement froid. Pour les postes les plus exposés, mettre à disposition une documentation ou des recommandations écrites.
- Inciter à faire des pauses et à boire des boissons chaudes.
- Imposer si nécessaire, le port des EPI.
- Rappeler l’importance d’une hygiène alimentaire équilibrée (pas de consommation d’alcool, de tabac, qui augmentent certains risques liés au froid).
- Former les salariés aux risques engendrés par le froid (selon leurs postes de travail et leur activité) ainsi qu’aux gestes de premiers secours (premiers soins).
Une alimentation saine, un niveau d’aptitude physique bon et une protection vestimentaire adaptée permettent de mieux tolérer et résister au froid. 
 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol
Créé le Mercredi, 17 Juin 2009 00:00
Mis à jour le Mercredi, 02 Juillet 2014 13:02
 
 
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