Prévention et rythme de travail : les conditions de travail

Une démarche de prévention permet à l’entreprise de satisfaire aux principes généraux de prévention définis par le Code du travail :
- Eviter les risques
- Evaluer les risques ne pouvant être évités
- Combattre les risques à la source
- Adapter le travail à l’homme
- Planifier la prévention
- Prendre des mesures de protection collective en fixant des priorités sur les mesures de protection individuelle
- Former et informer les salariés sur les risques professionnels et leur prévention.
Prévention et rythme de travail : l'aménagement des conditions de travail
Il semble indispensable que les entreprises pratiquant des horaires de travail atypiques, considèrent les conditions de travail de leurs salariés. L’aménagement du temps de travail, adapté aux postes des salariés, permet de prévenir les risques sanitaires et professionnels.
L’entreprise peut par exemple proposer :
- Une prévention de la fatigue
Pour éviter une fatigue chronique liée à des horaires contraignants, l’entreprise peut mettre en place une forme de prévention en augmentant le nombres d’équipes et proposer des repos supplémentaires (réduction du temps de travail de nuit, congés ininterrompus de 6 semaines, etc.).
- Une régularité des repas
Les salariés ayant la possibilité de se restaurer sur place avec des repas chauds aux heures habituelles peuvent davantage équilibrer leurs régimes alimentaires et prévenir les troubles digestifs apparentés aux horaires atypiques.
- Un aménagement du poste de travail spécifique
Le poste de travail peut respecter certaines règles ergonomiques afin de faciliter le travail posté ou de nuit (éclairage particulier, fauteuil, etc.).
Améliorer les règles de sécurité et les dispositifs (éclairage facilitant la lecture des modes d’emploi et fiches d’instructions pour une ligne de production, etc.) est important. Pour des travaux de nuit, préférer des tâches physiques qui sont mieux supportées que des tâches intellectuelles.
- Une surveillance médicales régulière
Le médecin du travail joue un rôle important auprès des salariés pratiquant des horaires particuliers. L’employeur doit leurs proposer des visites médicales.
A noter que les horaires atypiques sont parfois plus difficiles pour les salariés plus âgés. L’entreprise doit donc faire de la prévention sur le rythme de travail et penser au reclassement de ses travailleurs inaptes et utiliser leur polyvalence, afin d’alterner des périodes de travail posté avec des périodes d'horaires normaux : adapter les conditions de travail selon l'âge.
L’entreprise doit proposer un aménagement du temps de travail adapté aux horaires atypiques des travailleurs. Pour cela, elle peut veiller lors de la mise en place des horaires à :
- prendre en compte le contenu des activités de travail (exigences physiques et psychologiques),
- prendre connaissance de l’évaluation des risques professionnels réalisée sur les postes concernés et vérifier que les mesures de prévention nécessaires ont été prises et restent adaptées pendant les horaires atypiques
- associer les salariés de l’entreprise aux discussions sur les modalités des horaires : notamment les heures de prise de poste, les rythmes et sens de rotation, l’amplitude des journées de travail et le temps de récupération,
- s’assurer de l’acceptation des horaires par le salarié et avoir le souci de considérer la tolérance de ces rythmes par l’entourage familial.
L’entreprise doit aussi effectuer un suivi de l’aménagement du temps de travail de ses salariés ayant des horaires atypiques. Pour cela, elle peut :
- surveiller régulièrement les taux de fréquence, de gravité, y compris ceux des accidents de trajet, les demandes de reconnaissance de maladies professionnelles,
- assurer le suivi médical systématique des travailleurs concernés,
- sensibiliser les salariés par des campagnes d’information à la nécessité de conserver une hygiène de vie tant sur le plan du sommeil, que sur le plan de l’alimentation,
- organiser des campagnes d’information sur la gestion du sommeil, en particulier sur la nécessité d’anticiper son temps de repos en faisant des siestes,
- dispenser des conseils en alimentation pour le travailleur en horaires atypiques, soit par l’intervention d’un spécialiste en nutrition diététique, soit par le médecin du travail,
- renforcer le suivi médical des salariés,
- évaluer régulièrement la santé, perçue tant au niveau physique que psychologique (le taux d’absentéisme est aussi un des indicateurs à consulter, dans les entreprises où coexistent des horaires atypiques et des horaires classiques),
- faciliter la mobilité d’un type d’horaire à l’autre en prenant en compte l’évolution de l’âge, la situation familiale, les contraintes financières, la santé des salariés.
(Source : www.inrs.fr)
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